Pourquoi ce blog?

Sciences et Philosophie étaient auparavant mélangées et ne formaient qu'un... Aujourd'hui c'est rarement le cas. Ce blog est conçu pour que tous les gens s'intéressant aux Sciences (spécialistes ou non) puissent interagir et donner leurs opinions sur cette chose étrange qui parait retranscrire la réalité en équations.

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Benjamin Bradu


Boursier du CERN

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Science et société

Jeudi 26 janvier 2006 4 26 /01 /2006 20:47

Pour que la Science soit transmise à tout le monde, à toutes les classes sociales, pour se tenir au courant de l’avancement de la Recherche et des technologies tout en apprenant de nouvelles choses, la vulgarisation scientifique est indispensable ! C’est cette vulgarisation qui permet de promouvoir la Science auprès de la population… C’est pas en mettant un spot de 20s en prime time sur TF1 que la Science va se faire de la Pub !

En France, la vulgarisation est assez bien développée, en tout cas, on s’y retrouve. Il y en a pour tous les niveaux, de Science et Vie Junior à La Recherche pour les grands comme pour les petits. Chacun peut trouver son bonheur, jusqu’aux magazines spécialisés comme Ciel et Espace par exemple. Mais attention à la spécialisation, on sort vite du « vulgaire »si on se focalise trop. Il faut essayer de lire de la biologie, de la physique, des mathématiques, des sciences du comportements, des sciences de l’ingénieur…  La vulgarisation, sert la Science et les Hommes. Tout ce vulgaire permet :

- de s’ouvrir l’esprit

- de s‘informer, de se tenir au courant

- mais aussi de se divertir, d’imaginer, de rêver

- de donner des idées : par exemple un élève ingénieur en automatique qui lit un article de biologie sur le mode de déplacement des insectes peut se servir de cette idée pour fabriquer un robot à 6 pattes en se basant sur l’algorithme de déplacement des fourmis…

Tout ça pour dire qu’il ne faut pas se cloisonner, quand on fait des études en électronique, on n’est pas obligé de lire Electronique Pratique,  c’est chiant à lire comme magazine si on n’est pas passionné, et lire de la vulgarisation ça doit être avant tout un plaisir… Les magazines généralistes sont bien pour cela, ils permettent de toujours trouver des articles qui nous intéressent et où l’on prend du plaisir. Par exemple, je suis certain qu’un prix Nobel de physique fondamentale peut prendre un réel plaisir et un intérêt à lire un article sur la zoologie ou la biologie dans Science et Vie Junior. Après évidemment, il y a les goûts de tout le monde. Personnellement je suis abonné à La Recherche et c'est assez rare que je lise les articles dans les sections Archéologie et Sapiens, je lis justes les brèves quand le titre m'accroche... J'aime bien lire dans biologie et santé mais le problème c'est que je ne connais pas grand chose et j'ai souvent du mal à comprendre, il me faudrait plutôt un truc "Junior" pour ces sujets là....

 

Sinon il faut faire attention tout de même à cette vulgarisation. Il y a des règles à respecter je suppose car j’arrive à voir la différence entre un article bien et mal vulgarisé. D’ailleurs si un journaliste vulgarisateur passe par ici, qu’il laisse un commentaire pour nous donner quelques ingrédients de la recette s’il y en a une. Moi ce que j’aime, c’est quand il y a des beaux dessins (simples) qui font parfois rêver. Evidemment, la vulgarisation, c’est très souvent de la métaphore, de la comparaison et de la transposition pour simplifier les choses, ça fait travailler l’imagination. Je pense que le plus bel exemple est la physique quantique : Que ce soit dans un magazine pour adolescents ou dans un cours de haut niveau en physique quantique, la métaphore est omniprésente car cette discipline ne peut pas se représenter dans notre tête d’être humain. On raconte donc des équations ou des histoires, la plus célèbre et sans doute la plus drôle, c’est bien entendu celle du chat de Shrodinger qui est mort ET vivant en même temps. Pour ceux qui ne connaissent pas ce cantique quantique :  http://molaire1.club.fr/chat.html. Il faut donc bien faire attention avec ce qui est réel et ce qui est une vue de l’esprit. C’est très dur pour les enfants souvent, surtout avec certains films de science fiction qui peuvent induire en erreur par leur représentation qui paraît réelle (du style déformation espace-temps ou truc dans le genre). Ce n’est pas toujours évident après les métaphores de retrouver le réel. Par exemple le chat de Schrodinger est un atome, et ses états (mort, vivant) sont des états quantiques ou des fonctions d’ondes pouvant se superposer… Evidemment là, pour un non scientifique, ça devient plus délicat…

Tout se blabla pour dire que se cultiver, être ouvert, avoir de l'imagination, c'est primordial et la vulgarisation scientifique est un bon éléments pour développer cela. Heureusement qu'il n'y a pas que des articles scientifiques remplis d'équations genre IEEE sinon la Science serait déjà morteQuand on voit les filières de second cycle se vider et encore pire en 3ième cycle, il y a de quoi se poser des questions sur le futur tout de même et j'espère que ces magazines peuvent fournir des vocations à des enfants ou des ados... ciao

Par Benjamin Bradu - Publié dans : Science et société
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Lundi 20 février 2006 1 20 /02 /2006 10:01

Bon, il faut être réaliste, de moins en moins de jeunes après le BAC prennent le chemin des Sciences. En 1960, 33% des étudiants étaient en filières scientifiques, aujourd’hui c’est moins de 20%. Quant aux diplômés supérieurs en Physique-Chimie, c’est une baisse de 37% pour la France dans les 10 dernières années, ce qui reste tout de même inférieur aux 50% de chute chez nos confrères allemands !! Concernant la durée des études, les étudiants sortent diplômés de plus en plus tard mais il y a de moins en moins de doctorants, bizarre non ? Bah oui en général il est classique et faire plusieurs 1ère année et de changer de cursus de temps en temps, quoique ce dernier point est un avantage. En sortant du lycée c’est toujours difficile de savoir ce que l’on veut faire et avoir la possibilité de recommencer est importante.

Au niveau de la rentrée 2004, on a enregistré une baisse de 9% en Sciences. Mais bon, selon les chiffres, il y a une très légère hausse d’étudiants en 3ième cycle, mais 97% de cette hausse, en science, est due aux étudiants étrangers qui viennent en France. En 3ième cycle dans les domaines scientifiques, 30% des étudiants sont de nationalité étrangère. On arrive donc à la conclusion que notre système d’éducation est performant, la France est d’ailleurs très reconnue dans le monde pour les mathématiques. Nous avons d’excellents professeurs, les moyens ne sont pas comparables à ceux des Etats-Unis mais le coût des études n’est pas le même non plus ! Evidemment, les étrangers viennent se former en France, et repartent souvent quand ils ont fini. C’est pareil pour les petits étudiants français, ils partent aux Etats-Unis, en Chine, au Japon, en Angleterre ou en Allemagne où les salaires et avantages sont nettement supérieurs. C’est un grand problème ! Pour ma part, étant toujours étudiant, j’ai fait deux stages dernièrement : un en Suisse et un en Espagne… Il faut voyager, regarder ce qui se passe autour, se tenir au courant, partager et diversifier les expériences  mais si tous les jeunes chercheurs français partent à l’étranger, notre cher pays ne va pas s’améliorer. Quand on voit la paye d’un chercheur ou ingénieur classique au CNRS et des moyens dont il dispose ça fait vraiment peur si on vient de l’industrie ou des Etats-Unis. Je suis pour un mélange, surtout en Science car cela doit avant tout être un échange mais le fait de vouloir partir pour des raisons financières, c’est très dommage. Quand on voit tous les étrangers venant en France, on peut être fiers mais quand on voit tous les chercheurs français qui partent gagner de l’argent et donc amener une plus value aux Etats-Unis, je trouve cela très dommage. Dans mon école, salaire moyen à l’embauche en France : 30K€, salaire d’embauche moyen à l’étranger : 40,5K€. Il y a de quoi se poser des questions… Ensuite, si par chance (ou malchance) un étudiant décide de continuer ses études en faisant un doctorat, soit au moins trois années d’études supplémentaires, et bien le salaire d’embauches chute en dessous des 30K€. Etrange non ? Même formation pendant 5 ans et si on continue encore 3 ans et bah on gagne moins d’argent parce qu’on fait de la Recherche en général. Faut donc être complètement con pour faire ça, c’est pour ça que c’est mon choix J.

On constate 9% de baisse en Science mais une hausse de 10% dans les milieux de la santé dans les universités! Et oui ce sont les domaines comme la génétique, la biologie et la santé qui augmentent. Pourquoi ? d’une part parce qu’ils sont de plus en plus à la mode et qu’ils bénéficient d’un impact médiatique nettement plus important. De plus, les filles font de plus en plus d’études, et sont désormais plus nombreuses que les garçons en ayant également de meilleurs résultats. Evidemment, les Sciences dites « fondamentales » comme la physique, les mathématiques, la chimie n’ont pas la cote car paraissent vieillottes et ennuyeuses en étant en plus difficiles, longues et peu rémunératrices.  Pourquoi s’emmerder à faire plus de 8 ans d’études après le BAC en mathématiques (qui sont généralement difficiles et peu amusantes) pour gagner à la sortie 2 000€ par mois si on a la chance de trouver un boulot alors qu’il suffit de faire un truc à la mode comprenant les mots « qualité », « management » et « innovation » pour se faire 4000 € par mois en quelques années d’études qui ne sont pas des plus difficiles. Certes, tout le monde ne peut pas faire ce genre d’études qui demandent tout de même une personnalité et un certain intellect (quoique quand on voit les gens qui sortent on peut parfois se demander). Et ouais, plus le pays est développé, plus les découvertes scientifiques sont dissimulées dans tous nos appareils sans qu’on s’en rende compte et on en devient blasé. C’est dans « les pays en voie de développement » (j’ai horreur de ce terme, je le trouve vraiment péjoratif mais bon) que les jeunes sont les plus motivés par les Sciences dures comme en Chine, en Inde, au Pakistan…

Autre problème en France, l’organisation des études entre écoles d‘ingénieurs et de commerce avec les universités. Ce système n’existe pas vraiment dans les autres pays. En général il y a des filières « ingénieries » dans les universités, publiques ou privées,  mais pas d’entités comme en France avec le système de classes préparatoires et de grandes écoles plus ou moins prestigieuses. Article du Point selon les grandes écoles :

«Autres lieux , autres mœurs: oral de recrutement au prestigieux CERN de Genève ( l' organisation européenne pour la recherche nucléaire ). Un jeune Français vient postuler pour un poste d' ingénieur. Question d' un juré: « C' est quoi, l' X? » Le jeune diplômé cite bien sûr fièrement l' Ecole Polytechnique. « Mais c' est quelle université ? insiste son interlocuteur. Vous avez un doctorat? » L' anecdote, rapportée par un ancien haut fonctionnaire genevois, est révélatrice: les étrangers ne connaissent pas ou connaissent mal notre système des grandes écoles. Et l' X a beau être le fleuron de notre enseignement scientifique , elle demeure à des années-lumière de la notoriété des grandes universités anglo-saxonnes comme Oxford, Stanford ou le MIT. " Mais nos écoles demeurent néanmoins coûteuses en comparaison de l’université française avec une loi assez vraie pour les écoles d’ingénieurs : plus c’est cher, moins l’école est bonne (c’est moins le cas en école de commerce, elles sont toutes chères). Bah oui, à polytechnique, dans les INSA et autres écoles publiques, c’est gratuit alors que dans des écoles bas de gammes il faut payer 10 000€ à l’année !! En gros, on achète un diplôme et plus on paye, moins le diplôme est bon et plus c’est facile de rentrer, logique quoi. Encore faut il différencier les écoles reconnues par l’Etat (membre de la Commission des Titres d’Ingénieurs, il y en a déjà plus de 240) des autres. Bref, ce système est incompréhensible pour les gens de l’extérieur et on espère désormais devenir plus clair avec le système européen LMD (Licence +3, Master +5, Doctorat +8) qui vient de se mettre en place. On constate en général que pour la reconnaissance internationale, il faut des relations, nombreuses, et donc beaucoup d’étudiants. Or, une école d’ingénieurs moyenne sort une centaine de diplômés chaque année et plus de la moitié n’en sortent qu’une cinquantaine. C’est un handicap...

Par Benjamin Bradu - Publié dans : Science et société
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Jeudi 16 mars 2006 4 16 /03 /2006 10:37

Quand on commence à vraiment étudier les mathématiques, on se dit en toute honnêteté, ça n’a aucune utilité ! Certes, ça forme l’esprit et ça permet de développer la réflexion, la déduction, mais manipuler des espaces vectoriels de dimension 12 et des objets mathématiques loufoques comme les Distributions dans tous les sens, ça ne peut pas avoir d’utilité. Eh bien en général on s’aperçoit de l’utilité de ces outils plusieurs années après, et c’est bien dommage. Le problème de l’utilité des choses que l’on apprend est primordial. Il n’y a rien de plus déprimant que de savoir que ce que l’on fait ne sert á rien. Cette équation est simple dans l’éducation : Utilité = Intéressement.  

Je parle du cloisonnement de l’enseignement des mathématiques de bases, mais il n’y a pas que cela. A l’école, on étudie avec un professeur l’électronique, avec un autre la mécanique, avec encore un autre l’automatique sans parler de celui qui enseigne l’électromagnétisme ou la thermodynamique. Bref, tout est cloisonné, dans un monde bien à part. Chaque matière possède son petit contrôle et une fois le contrôle passé, basta. On ressent bien la présence des mathématiques dans toutes ces disciplines, mais la relation entre l’électromagnétisme et la mécanique, pas trop... Voilà, nous y sommes, le problème est que nous, étudiants, nous ne faisons pas, ou peu, de rapprochements entre toutes les matières alors que ce devrait être essentiel ! Par exemple la plupart des équations de base en mécanique des fluides sont exactement les mêmes qu’en électricité en remplaçant les lettres (le courant devient un débit, la tension une pression, la conservation des énergies sont les mêmes…). Certes, ceci n’est qu’une analogie sans grande importance fondamentale (quoique…) mais il arrive un jour où il va falloir entrer dans la réalité et mettre toutes les matières différentes dans un grand mixeur pour faire un Banana Science Split…

 Par exemple, au hasard, le boulot d’un jeune ingénieur/chercheur est de développer un nouvel alternateur pour les futures voitures d’une certaine marque. Pour cela, il faut bien sûr connaître l’électrotechnique, c’est-à-dire qu’il faut maîtriser l’électricité, l’électronique de puissance  et l’électromagnétisme (soit déjà 3 professeurs et 3 contrôles complètement différents). Ensuite, il faut gérer la théorie du signal, le filtrage (au moins deux autres profs) sans parler de la mécanique pour le fonctionnement et la thermodynamique pour les échauffements (encore 2 profs). Evidemment, il faut contrôler le tout pour le pilotage et aussi s’assurer du bon fonctionnement et des anomalies éventuelles, donc c’est de l’automatique et de la gestion de données (on rajoute facile 2 profs). Il y a également, ça va de soit, toutes les bases en mathématiques, en informatique, en simulation numérique que je n’énumérerai pas, ça serait trop long. Bref, pour ce projet, il faut mixer au moins 9 matières bien distinctes (sans parler des maths et de l’informatique). C’est cela que je reproche un peu à l’enseignement supérieur, bien que je pense avoir bénéficié d’un excellent enseignement, qui, justement, s’efforçait autant que possible de faire des rapprochements, surtout lors des dernières années : normal, c’est ce qu’on appelle un ingénieur il me semble, une personnes ayant une base de connaissances assez larges permettant le développement de nouvelles technologies et de faire preuve d’innovation grâce à cette large palette pour mettre sur pied, par exemple, l’alternateur des voitures de demain.

J’ai d’ailleurs constaté, cette année, en cours de DEA, qu’une connaissance généraliste était un réel atout. Il y avait justement des matières où tout se mélangeait. Les gens issus de la FAC traditionnelle sont sûrement très forts dans leur domaine propre, mais quand il s’agit de faire des choses bien concrètes nécessitant des champs de connaissances divers, ils sont un peu pommés, ce qui est tout à fait normal. Cette année je travaille sur des procédés pétrochimiques et je n'ai jamais fait de chimie de ma vie (enfin si, au lycée mais bon…). En s’y plongeant un peu, ça devient vite compréhensible et pour ce que je dois connaître, je m’en tire sans problème.

Voilà, c’est ça le mixeur, on mélange un peu tout et on y arrive. Le tout, c’est d’avoir les bases solides et d’être ouvert. Les Sciences sont, ils faut l’avouer, tout simplement gigantesques, et aucun être humain normalement constitué ne peut tout assimiler.

Par Benjamin Bradu - Publié dans : Science et société
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Vendredi 21 avril 2006 5 21 /04 /2006 19:45

Ce cheminement lycée/prépa/école d’ingénieurs est le chemin classique pour un ingénieur, c’est en quelque sorte la voie royale mais maintenant on voit de plus en plus de parcours « chaotiques » en passant par la fac, des BTS, des IUT… et puis il y aussi les grandes écoles à prépa intégrée (ESIEE, UTC, INSA…), c’est d’ailleurs ce que j’ai fait. Le fait de pouvoir bifurquer est pas si mal je pense, parce que à 18 ans, je suis pas convaincu qu’un étudiant sache exactement ce qu’il veux faire et puis on évolue beaucoup vers ces ages là. Je prend mon exemple, c’est celui que je connais le mieux : Au lycée j’étais assez bon, mais rien d’extraordinaire, enfin je foutais rien, mais alors vraiment rien du tout. Je voulais être astrophysicien mais c’était trop dur et comme ma passion était l’informatique, je me suis dit que j’allais faire ingénieur informaticien ! Original non ? En fait après 2 années de prépas intégrées dans une école en électricité et en informatique/télécommunication, je me suis rendu compte que l’informatique c’était cool comme outil mais alors en faire mon métier, pas moyen ! J’ai découvert d’autres champs d’application dont je n’avais pas la moindre idée avant. Si mon futur moi était venu me voir pour me dire « tu seras ingénieur en génie électrique et chercheur en automatique » je me serai sans doute jeté par la fenêtre dans la minute, quoique... Enfin tout ça pour dire que c’est toujours difficile de choisir son orientation en terminal. Faire une école généraliste, je trouve que c’est une très bonne chose car ça permet d’explorer un peu toutes les sciences dans leur ensemble et de pouvoir choisir par la suite. L’autre secret, c’est évidemment et lire des magasines et des livres de vulgarisation scientifique (encore eux !!) car ils permettent de faire découvrir les sciences modernes et leurs applications.

 

Une personne moyenne au lycée faisant un BTS ou un IUT en réintégrant une école d’ingénieur dernière, pourquoi pas ! Evidemment souvent il faut rattraper les maths et c’est pas toujours évident pour eux mais ils ont du mérite et peuvent bien s’en sortir. Evidemment, la prépa c’est pas rigolo, on nous prend souvent pour des moins que rien (on se rend alors compte que toutes les maths et la physique du lycée c’est vraiment une goutte dans l’océan des sciences). C’est une étape dure à franchir mais souvent, ça vaut le coup et on peut dire qu’on ingurgite pas mal de connaissances en deux ans !! Pour un petit aperçu, je vous propose la chose suivante (pour la plus grande joie des ésiéens) :

 

Voici quelques mixes des célèbres commentaires de contrôle de A.L (j’ai tenu à ne pas divulguer son nom bien qu’il ne soit plus prof à l’ESIEE à l’heure actuelle). J’ai fait des copier-coller des meilleurs passages mais tout est authentique et a été distribué par le professeur en question à une centaine d’étudiants de première année préparatoire durant l’année 2001 à l’ESIEE-Amiens. En général, en première année on est un peu perdu dans cette nouvelle vie d’après BAC et ce genre de commentaire fait mal mais j’ai bien rigolé en relisant ça, ça rappelle des bons souvenirs, appelle à tous les Esiéens qui lisent ce blog :

 

Avant tout je rappelle ce qu’il y a avait écrit sur l’entête du contrôle :

 « L’avenir est radieux, mais le chemin sera tortueux. » Mao Tsé-Toung. »

 

et maintenant le commentaire de la correction :

 

« Ce tout premier contrôle d’un niveau moyen de terminal aurait dû permettre d’obtenir une note convenable (au moins la moyenne) à tous les étudiants sachant que,  de plus, le premier exercice était au choix… Tous les calculs étaient simples et les réflexions était du niveau de seconde. Certains exercices étaient même tirés d’un livre de quand j’étais petit. Rares sont les copies où la rédaction est claire. Le plus souvent, la rédaction ressemble à un remplissage méprisant (pour ceux qui ont écrit quelque chose), comme si on jetait une infâme pâtée à un chien…, en se disant qu’il fera lui-même le tri des bons morceaux. La plupart d’entre vous se complique la vie alors que la réponse est toute simple. Compliquer un problème simple revient souvent à dissimuler son ignorance sous des tonnes de calculs infructueux qu'on voudrait faire croire intelligents, mais, comme le dit un proverbe chinois:"une chèvre, même habillée de soie, reste une chèvre"... Il faudra bien comprendre un jour que les mathématiques, contrairement au management, ne se résument pas à d'aimables conversations de salon de thé ou de café du commerce... Et si je puis me permettre de vous donner un conseil, il n'y a qu'une seule "méthode de travail", le travail lui même. On comprendra aisément un jour que mes moyens financiers ne me permettent pas d'acquérir un semi-remorque pour y entasser toutes les copies sur lesquelles on trouve encore toutes ces sortes d'âneries.

 

Mais, étant professeur et non psychanalyste, je n'ai pas compétence à soigner "les névroses d' échec", mais à juger de la façon la plus équitable possible le travail qui a été fourni. Pour le reste, tentez une psychanalyse, ça coûte cher, mais il paraît qu’on se sent mieux après… » 

 

 « Ces exercices permettent de distinguer tout de suite les étudiants qui essayent de progresser (même modestement) en travaillant, de ceux qui, comptant sans doute sur leur génie propre, pensent pouvoir s'en sortir ex nihilo. Malheureusement, on ne peut pas, à chaque devoir de math, réinventer en 1h30 le feu, la roue, l'équation du second degré et la relativité générale...
Et c'est évident sur ces copies qu’on trouve de l'esbrouffe, c'est a dire des efforts démesurés pour trouver une mystérieuse formule d’intégrale ou de dérivé...qui ne marche pas. Inutile de dire à ces zozos que leurs "génie" virtuel est inversement proportionnel à leur ignorance réelle, en même proportion que leur excès de confiance est à leur travail inexistant, et c'est par là qu'il devrait commencer à s'auto-analyser. Le but d'un étudiant dans un contrôle devrait être de tout faire pour assurer des points et non pas faire exprès d'en perdre!
 Rares ont été ceux qui on trouvé la solution (en fait, aucun) voici donc la réponse qui était attendue…
A.L » 

Vous comprenez qu’avoir 1/20 à un contrôle d’analyse qui est censé être facile, c’est dur à encaisser, mais alors quand on reçoit une correction avec un commentaire de ce type en introduction, on est complètement désespéré et on se dit qu’on est bon à rien. En même temps, c’est un peu ça qui m’a motivé à bosser vraiment parce que c’est vrai qu’en sortant de terminal, personne ne sait bosser et tout le monde se tape des sales notes au début (sauf les petits génies qui énervent tout le monde bien entendu).

Enfin la morale de cette histoire, c’est qu’il faut s’accrocher, ne jamais désespérer, la vie est une chose bien étrange et on arrive toujours à rebondir on ne sait pas trop comment. Enfin le secret, qui est évident mais pas forcément facile à appliquer, c’est de faire quelque chose qui plait, de réfléchir avec sa tête et de faire preuve de bon sens. Si à une question on trouve une température inférieure à 0K, un ampérage supérieur à 1MA ou une relation non homogène, il faut se remettre en question. Trop d’étudiants révisent les veilles de contrôles en apprenant des formules par cœur… Evidemment ça marche un temps mais par la suite, on ne nous demande plus des formules mais de réfléchir !! Il faut tout de même connaître les classiques bien entendu, je ne vais pas vous demandez de re-démontrer à chaque fois les équations de Maxwell mais la plupart des équations sont du bon sens (comme l’équation ci-dessus qui se retrouve en 5s) !!

Par Benjamin Bradu - Publié dans : Science et société
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Samedi 10 juin 2006 6 10 /06 /2006 14:59

Je voulais vous conseiller un autre blog de vulgarisation scientifique, E=MCblog.

 

 

 

C'est bien fait, la science est abordée de manière décontractée, ça peut être drôle, les illustrations sont agréables, on peut apprendre plein de choses. J'appelle ça tout simplement de la bonne vulgarisation.

 

Je vous donne quand même l'adresse : http://eegalmcblog.over-blog.com/

Par Benjamin Bradu - Publié dans : Science et société
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Vendredi 11 août 2006 5 11 /08 /2006 15:07

Un moyen efficace et ludique pour la vulgarisation scientifique, c’est bien entendu les musées qui parlent de Science. Généralement pourvus de pleins de petites expériences rigolotes pour les enfants avec l’explication d’un phénomène physique. A Paris, on trouve évidemment la Cité des Sciences et de l’Industrie (la Villette, http://www.cite-sciences.fr) et le Palais de la Découverte (http://www.palais-decouverte.fr/) qui constituent les deux principales expositions scientifiques. Il y a toujours une partie fixe avec les expériences et une expo temporaire qui traite d’un sujet d’actualité. Quand j’étais petit j’adorais ces musées, ce sont les seuls où on peut vraiment apprendre en s’amusant et je pense que cet aspect ludique est indispensable pour faire aimer la science aux plus jeunes comme aux moins jeunes. Déjà que les sciences n’ont pas trop la cote en ce moment au niveau des études, si vous avez des enfants, emmenez-les dans ce genre d’endroit, ils s’amusent et découvrent la Science !! Après ils aiment ou pas, chacun son truc, mais ça peut être un élément déclencheur.

 

Je parle de ce sujet car je suis allé dans une expo de ce genre à Cracovie en Pologne ce mois-ci et j’ai beaucoup apprécié et rigolé. C’était un tout petit musée, nous étions quasiment tout seuls, il n’y avait qu’une grande salle munie d’expériences sur la mécanique, l’électromagnétisme, la mécanique des fluides. On pouvait construire un pont, voir l’influence des leviers, générer un déplacement avec un courant électrique et vice-versa, fabriquer des retenues d’eau pour les barrages, comprendre le phénomène de pression... Chaque expérience était très simple et dotée de l’explication du phénomène de manière vulgarisée. Ce genre de musée n’est vraiment pas très compliqué à mettre en place et c’est très dommage qu’il n’y en ait pas plus dans les villes de tailles modestes car c’est vraiment génial pour les enfants.

 

 

Il existe également des manifestations scientifiques ponctuelles pour les adultes et les enfants comme le festival de sciences de Paris-Montagnes qui se tenait du 17 au 25 Juillet à Paris (http://www.paris-montagne.org/). Ce genre d’événement est très prometteur mais pour en trouver en province, ce n'est pas évident. Sur Internet, on peut également trouver des portails scientifiques qui peuvent aider à trouver ce genre d’événements comme le portail http://www.science.gouv.fr/ développé par Alexandre Moatti (voir son blog http://indispensables.over-blog.com/).

 

 

En bref, il faut promouvoir ce genre de musées car ils constituent un élément majeur de la diffusion de la science au grand public, ce que l’on appelle la vulgarisation et qui est à mon avis un aspect primordial (voir mon ancien article Soyons vulgaires avec la Science).

Par Benjamin Bradu - Publié dans : Science et société
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Mercredi 23 août 2006 3 23 /08 /2006 16:46

La biométrie désigne la science des variations biologiques, des phénomènes qui s’y attachent et des problèmes qui en découlent. Souvent couplée avec l’anthropométrie, la biométrie permet d’identifier des personnes selon leurs différences physiques. Pour qu’un caractère soit biométrisable il faut réunir plusieurs conditions, ce caractère doit être :

-         - commun à tous les humains (mieux vaut que tout le monde puisse s’identifier)

-         - stable dans le temps (votre coupe de cheveux est amené à changer normalement)

-         - peu altérable (la voix quand vous êtes malade)

-         - facile à enregistrer et accessible (vous n'allez pas vous déchausser à chaque fois pour prendre une empreinte de votre orteil droit)

-         - discriminant, spécifique à chaque individu (le fait que vous ayez 10 doigts n’est pas très original)

-         difficile à « frauder »

Comme exemple de caractères étudiés on peut citer les empreintes digitales, l’iris de l’œil, les dents, la forme des lèvres, la chaleur du visage, la démarche, le sang, la voix, la signature dynamique (analysé informatiquement ave pression et angle du stylo).

Après il faut discerner deux utilisations principales :

L’identification consiste à chercher les données biométriques d’un individu dans une base de données pour l’identifier et mettre un nom sur cette personne. Par exemple on utilise cette technique dans certains espaces sécurisés pour vérifier que la personne qui entre est bien un employé ayant les droits nécessaires et archiver sa visite.

L’authentification, quant à elle, a pour objectif de vérifier qu’une donnée enregistrée sur un support individuel est bien la même que celle de la personne qui détient ce support, dans ce cas il n’y a pas de création de base de données. Par exemple, cette technique permet de confirmer que votre carte bancaire ou votre carte d’identité vous appartient.

Il y a de nombreux débats sur la biométrie, particulièrement sur le point de vue éthique. Est-ce que ce n’est pas en contradiction avec la liberté des Droits de l’Homme que de recenser toutes les personnes dès leur naissance ? Evidemment en cas d’infraction à la loi, on peut de ce fait retrouver la personne facilement mais un tiers pourrait utiliser ces données à des fins non prévues à cet effet. Une base de données n’est jamais sûre à 100% et il y a donc une possibilité de dérive. Il ne faut pas oublier de respecter la vie privée et l’intimité des gens pour ne pas créer un « Big Brother ». En France, c’est la Cnil (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) qui gère ce genre de problème. La Cnil doit donner son autorisation pour tout système biométrique privé et formule un avis si cette décision émane de l’état.

Pour donner cette autorisation, il y a 3 critères :

-         La nature de la technique

-         Le mode de stockage de l’information

-         Le caractère volontaire ou obligatoire du dispositif

 Ainsi que 2 principes à respecter :

-         La finalité du projet doit être exclusive à tout autre usage.

-         Le risque de dérive encouru lié à la technique choisie doit être à la hauteur de l’impératif de sécurité recherché (pour pénétrer dans le placard à balai d’une station service on va pas imposer une reconnaissance rétinienne )

En 2007-2008, en France, la future carte d’identité nationale électronique sécurisée (Ines) sera obligatoire et payante. Elle sera de la taille d’une carte bancaire et contiendra 2 informations biométriques : les empreintes digitales et le visage.

Par Benjamin Bradu - Publié dans : Science et société
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Samedi 7 avril 2007 6 07 /04 /2007 13:29
On m’a demandé récemment : « pourquoi ne remplace t-on pas toutes nos centrales nucléaires par plein d’éoliennes partout en France ». On va donc se projeter dans une France où on décide de remplacer le parc nucléaire par des éoliennes…

Les plus grosses éoliennes commerciales (et les plus rentables) ont une puissance d’environ 2.5MW. Typiquement, les éoliennes N90/2500 fabriquées par un des leaders mondiaux : Nordex. Ce modèle mesure autour des 120m de haut pour un rotor ayant un diamètre de 90m (les pales font 45m). Le bruit dégagé est de 105 dB(A). On peut lire dans la documentation que les 2.5MW sont disponibles pour un vent supérieur à 14m/s (50km/h). Si le vent tombe à 8m/s, la puissance fournie est de 1MW et pour 6,5m/s on a 500kW. En pratique, une augmentation de 10% de la vitesse du vent donne 15 à 20% d'énergie en plus.

En étant raisonnable, on peut considérer qu’on peut installer 8MW par km² avec ce type d’éolienne, c’est-à-dire 3,2 éoliennes par km² en vue de la taille des pales et de l’espacement minimum entre 2 éoliennes. Concernant l’éolien offshore (dans la mer sur le littoral) la puissance installée au km² est la même.
Voici la carte des vents en France (pour une altitude de 50m) :

 

Sur le territoire français, la vitesse du vent se situe aux alentours de 5m/s à 50m au-dessus du sol, notre éolienne de 2,5MW ne fournit plus que 200kW. Mais l’éolienne que j’ai sélectionnée est plus haute (120m), le vent est donc plus important et on privilégie évidemment les zones venteuses en littoral. En étant optimiste, on peut dire que notre « éolienne moyenne » en France fournit une puissance de 500kW. Dans ce cas ce n’est plus 8MW/km² que l’on installe mais 1,6MW/km². Après un rapide calcul on déduit que pour atteindre les 63 000MW du parc nucléaire français, il faut donc occuper 40 000km². Cette superficie correspond à peu près à l’ensemble de la surface occupée par la culture du blé en France (je rappelle que la France est le 4ième producteur mondial de blé avec 37 millions de tonnes). On pourrait donc remplacer toutes nos centrales nucléaires par des éoliennes si on mettait des éoliennes dans tous les champs de blé. Peut être que je ne suis pas le premier à avoir cette idée, puisque à côté d'Orléans des éoliennes Nordex poussent comme des champignons en pleine Beauce dans les champs de blé (voir photo en début d'article). Mais est-ce bien sérieux? 40 000km² d'éoliennes en France, je vous laisse apprécier par vous-même cette possibilité…(c'est bien sûr irréalisable).

Oui, les éoliennes c'est bien, ça montre que notre pays s'engage dans les énergies renouvelables, c'est une noble cause mais est-ce réellement une solution à notre gigantesque consommation électrique ? Ne devrait-on pas plutôt chercher à réduire notre consommation plutôt que dépenser de l’argent dans des éoliennes qui représenteront dans le meilleur des cas quelques pourcents de la consommation électrique française ? J’avoue que pour l’ingénieur que je suis, c’est bien les éoliennes, c’est pile dans ma branche et ça fait de l’emploi, on ne peut pas négliger cet aspect mais on pourrait aussi créer plus d’emplois pour le développement de futurs réacteurs nucléaires « propres » qui ne dégageraient presque plus de déchets radioactifs ! Mais pour ce qui est des choix à faire, c’est une question 100% politique où les scientifiques sont laissés de côté…

 

Par Benjamin Bradu - Publié dans : Science et société
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Dimanche 8 juillet 2007 7 08 /07 /2007 15:53

je viens de découvrir un site internet plutôt intéressant pour diverses raisons : Scientists of America : Studies and statistics on the subject you need  (http://www.scientistsofamerica.com).
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Contrairement au titre, c’est un site français rédigé par des français. Le principe est assez simple, si vous avez envie qu’un article « scientifique » existe pour étayer certains de vos dires, faites la demande à Scientists of America et votre article sera créé de toute pièce pour vous donner raison (pour une participation de 5€) ! Evidemment les demandes sont plus tournées du coté des statistiques, c’est bien connu qu’on peut faire dire à des chiffres tout ce qu’on veut. C’est de cette manière que leur équipe soutient de manière « scientifique » que le taux de réussite au baccalauréat est proportionnel à l’intérêt du tournoi de Roland-Garros ou bien que les personnes de moins de 165cm donnent plus d’amour sans oublier que les gens qui ont les yeux bleus aiment les films allemands et quele jeu vidéo améliore le niveau scolaire. Les articles sont bien montés et documentés mais il n’y a pas références bibliographiques ce qui pourrait être intéressant mais peut être difficile à trouver pour soutenir des hypothèses farfelues.

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Il est vrai que quand on veut soutenir une idée dans une conversation, ça donne tout de suite du poids de dire : « les scientifiques américains ont dit que… ». Voilà ce qu’ils nous disent pour  soutenir leur démarche :

« À ScientistsOfAmerica, nous avons choisi une voie médiane. Comme la presse de vulgarisation scientifique, nous n’hésitons pas à extrapoler les informations dont nous disposons ni à nous exprimer sans être pour autant détenteurs d’une quelconque autorité académique. Comme les laboratoires universitaires les plus sérieux et les revues qui relaient leurs travaux, nous n’hésitons pas à accepter de traiter les sujets que l’on nous commande ni à découvrir ce que l’on nous demande de découvrir, et tout ceci à un tarif modéré et dans une prose accessible au plus grand nombre. Il fallait faire un choix, nous l’avons fait et nous l’assumons sans réserves. »


Il faut tout de même faire attention avec ce genre de site qui contient des « fakes ». Lorsqu’un internaute classique effectue une recherche sur Google et tombe sur ce genre d’article il pourrait prendre comme véridique tout ce qui est écrit dedans et je trouve cela un peu dangereux même si normalement tous les internautes devraient savoir que le contenu des pages web n’impliquent que les auteurs et qu’il faut très souvent se méfier, même sur certains sites dit sérieux. On trouve bien des manipulations de données et de résultats dans les publications scientifiques (voir mon article Quelle confiance dans les publications ? ) alors sur le Net…

D’ailleurs dans l’un de mes articles intitulé La température il y a une erreur. Je dis que le zéro absolu (zéro degré Kelvin) est égal à –273,16°C alors qu’en fait c’est –273,15°C car j’avais confondu avec la température du point triple de l’eau (égale à 0,01°C donc 273,16°C). Mais bon ici c’est une erreur, pas un fake mais c’est juste pour signaler qu’il ne faut jamais croire aveuglément ce qu’on lit sur le Net ou ce qu'on voit à la TV.

Par Benjamin Bradu - Publié dans : Science et société
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Dimanche 2 mars 2008 7 02 /03 /2008 23:01

undefined Réchauffement climatique, Global Warming, vaste débat, mot à la mode, fervents défenseurs, opposants acharnés, pléthore d’informations, innombrables articles scientifiques, prises de parole des politiques, autant de raisons qui font que ce sujet est très délicat ! Je vais essayer de vous dire ce que moi j’y comprends. 

N’étant pas climatologue, je ne suis sans doute pas plus compétent que vous sur la question mais je pense tout de même avoir le devoir de parler de ce sujet en tant que personne de formation scientifique. Je suis d’ailleurs allé voir il y a quelques mois au CERN en conférence Hubert Reeves à ce sujet (sujet qui n’a rien à voir non plus avec son métier mais il profite de son image médiatique pour diffuser son message et il a raison), sa conclusion est la même que beaucoup de gens : NOTRE PLANETE EST MALADE. La Terre rencontre à nouveau une extinction massive des espèces (la 6ième de son Histoire, la dernière étant les dinosaures il y a 65 Ma).

Il faut avant tout comprendre la cause de ce réchauffement, cette cause constitue sans doute le plus grand débat mais le GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) est justement là pour trancher de manière objective et scientifique, sans pressions politiques et de manière internationale. On parle beaucoup du GIEC depuis cette année, mais il faut bien comprendre que le problème est connu depuis longtemps et que le GIEC a été créé en 1988 par le G7. On peut consulter en français les résumés de l’étude parue en 2007 qui a fait tant de bruit :

- Groupe de travail I : les bases scientifiques physiques
- Groupe de travail II : Impacts, adaptation et vulnérabilité
- Groupe de travail III : Mesures d’atténuation
- Synthèse

Leurs conclusions est que l’effet de serre est en majorité responsable du réchauffement climatique et que l’augmentation des gaz à effet de serre est en majorité d’origine anthropique (du grec anthropos, homme, signifie que c’est l’homme qui en est l’origine). Ces 2 conclusions peuvent paraître évidentes mais pas pour tout le monde. Par exemple Claude Allègre, ancien ministre et censé être un scientifique de haut niveau de l’Institut de Physique du Globe de Paris refuse toujours d’y croire, il écrit que « la cause de la modification climatique contemporaine reste incertaine entre l'homme et la nature » mais c’est désormais un cas à part, et heureusement. De plus, le GIEC a pu quantifier avec des degrés de certitude élevés l’influence de l’homme sur le climat de la Terre dans les derniers siècles depuis l’industrialisation.

Je vous rappelle que l’effet de serre est un phénomène terrestre naturel provenant de notre atmosphère. Les rayons du soleil atterrissent sur le sol et le réchauffent. Cette chaleur provoque l’émission de rayons infrarouges vers l’atmosphère et certains gaz (dits à effet de serre) vont à nouveau réfléchir ces rayons vers le sol, contribuant ainsi à réchauffer le sol une deuxième fois et ainsi de suite. Ce phénomène est vital, sans l’effet de serre, la température moyenne de la Terre serait de –18°C.

Cet effet de serre entraine un effet « boule de neige » sur le climat à cause (entre autre) du phénomène d’albédo. L’albédo est le phénomène qui fait qu’un corps renvoie de la lumière par réflexion. Les surfaces noires comme la lave ont un albédo faible (seulement 4% du rayonnement est réfléchi) alors qu’une surface blanche comme la neige renvoie jusqu’à 90% des rayons du soleil. L’albédo moyen de la Terre est de 39%. Si le climat se réchauffe, plus de neige va fondre aux pôles et cet albédo moyen va nettement diminuer et contribuera ainsi à encore plus réchauffer le climat.
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Pour estimer l’influence sur le climat, le GIEC estime deux principales composantes :

- La concentration d’un composant dans l’atmosphère qui se mesure en ppm (partie par million) ou en ppb (partie par milliard). Elle désigne le rapport du nombre de molécules de gaz à effet de serre au nombre de molécules d’air sec.

- Le forçage radiatif des différents composants de l’atmosphère. Le forçage radiatif est une mesure de l’influence d’un facteur dans la modification de l’équilibre entre l’énergie qui entre dans l’atmosphère terrestre et celle qui en sort, et constitue un indice de l’importance de ce facteur en tant que mécanisme potentiel du changement climatique. Un forçage positif tend à réchauffer la surface et un forçage négatif à la refroidir. Le forçage est exprimé en watt par mètre carré (W/m²).

Dans les rapports du GIEC 2007, les valeurs du forçage radiatif et des concentrations sont données pour l’année 2005 par rapport aux conditions préindustrielles définies comme celles de 1750.

Le rapport du GIEC nous dit que « Les concentrations globales de dioxyde de carbone, de méthane et d’oxyde nitreux ont fortement augmenté suite aux activités humaines depuis 1750, et maintenant dépassent largement les valeurs préindustrielles déterminées à partir les carottes de glace couvrant plusieurs milliers d’années » 

Il y a principalement 4 gaz à effet de serre sur le banc des accusés :

Gaz à effet de serre

Origine

Evolution  1750-2005

Le dioxyde de carbone (CO2)

Utilisation de combustibles fossiles

Changement de l’affectation des terres

35 %

Le méthane (CH4)

Utilisation de combustibles fossiles

Agriculture

142%

L’oxyde nitreux (N2O)

Agriculture

18%

L’ozone troposphérique (O3)

Emission de produits chimiques

35 %

Il ne faut pas négliger le méthane qui a sa part de contribution dans le réchauffement. L’Europe et le Grenelle de l’environnement en France ont pris des mesures pour réduire le réchauffement climatique mais tous les textes parlent uniquement de réduction de C02. Evidemment, c’est un grand progrès de prendre de telles décisions même si c’est un peu tard mais autant prendre de vrais mesures plutôt que des mesurettes. Les calculs s’appuient souvent sur des tonnes d’équivalent CO2 (teqCO2) et il faut faire attention à de telles définitions qui peuvent induire en erreur selon l’horizon des estimations, voir l’article de La Recherche de ce mois-ci à ce sujet.

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Le GIEC estime que les changements du rayonnement solaire depuis 1750 ont provoqué un forçage radiatif de +0,12 W/m² [0,06 à 0,30]. Pour cela, on ne peut rien faire, la variation lumineuse du soleil varie dans le temps et l'homme n'est pas responsable de ce phénomène. En revanche, le GIEC a également évalué que l’homme a contribué à une augmentation de 1,6 W/m²  [de 0.6 à 2.4], ayant pour origine l'augmentation des gaz à effet de serre anthropique. Ce résultat montre que l’homme est responsable à 93% du forçage radiatif depuis l’industrialisation.

« La poursuite des émissions de gaz à effet de serre au rythme actuel ou au-dessus provoquerait un réchauffement supplémentaire et entrainerait de nombreux changements dans le système climatique mondial au cours du XXI siècle, dont les effets seraient très probablement plus importants que les effets observés au cours du XX siècle. »

Le GIEC a prévu 4 scénarios pour l’avenir (voir graphique) provenant de simulations numériques multi-modèles. Ces simulations deviennent de plus en fiables et sont désormais très pertinentes même si les scientifiques ont encore du mal à modéliser certains phénomènes très complexes comme (entre autre) le rôle des forêts, la turbulence des océans, le double jeu des aérosols et l’économie (voir Les 3 inconnus du climat, La Recherche numéro 414, Décembre 2007). Un seul modèle ne peut pas rendre compte de tous les phénomènes bien proportionnés. Certains favorisent certains phénomènes plutôt que d’autres. L’idée consiste à faire des simulations avec plusieurs modèles ayant les mêmes paramètres et d’en faire ensuite la moyenne. Les résultats obtenus sont désormais satisfaisants en faisant des tests avec les périodes passés pour retracer le climat de la Terre (le CNRS possède une base de données de 1960 à 1989 pour tester ses modèles par exemple).

Même si nous avions arrêté en 2000 notre augmentation de production de gaz à effet de serre, les simulations prévoient une augmentations de 0,1°C par décennie à cause de la lente réponse des océans. La meilleure estimation dans le cas du scénario le plus bas (B1) est 1,8°C (dans une fourchette probable de 1,1°C à 2,9°C), tandis que la meilleure estimation pour le scénario le plus élevé (A1FI) est de 4,0°C (dans une fourchette probable de 2,4°C à 6,4°C). Le GIEC précise dans son rapport que « la nouvelle évaluation des fourchettes repose maintenant sur un plus grand nombre de modèles climatiques d’une complexité et d’un réalisme accrus, ainsi que sur de nouvelles informations relatives à la nature des rétroactions liées au cycle du carbone et aux limitations des réponses du climat, telles qu’elles ont été observées. »

Par Benjamin Bradu - Publié dans : Science et société
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